François de Charette, chef vendéen (1763-1796)
Pourquoi la droite ne défend-elle pas les Palestiniens, ces Vendéens de Terre Sainte?
par Edouard Husson 4 avril 2025
Le Courrier des stratèges
Pourquoi la droite ne défend-elle pas les Palestiniens, ces Vendéens de Terre Sainte?
Montfermeil, 8 décembre 2024. Sur le fronton de l’Hôtel de Ville, une banderole mentionnant le « Seigneur » a été jugée illégale par le tribunal administratif car elle porte atteinte au principe de laïcité.
Pourquoi la droite ne défend-elle pas les Palestiniens, ces Vendéens de Terre Sainte? Constatons-le froidement, sur le sujet de Gaza, les droites ont capitulé, intellectuellement et moralement. A part Dominique de Villepin et Xavier Lemoine, le maire de Montfermeil, connaissez-vous des voix politiques, à droite, qui s’expriment pour rappeler les droits bafoués des Palestiniens et dénoncer les bombardements sur Gaza ou les déplacements de populations et les démolitions en Cisjordanie? Comme les médias établis sont infiniment partiaux sur le sujet de la Palestine et des Palestiniens, il se peut que j’ai manqué des voix courageuses. Mais les réseaux sociaux ne me livrent pas grand chose non plus. Et pourtant, s’il est un sujet sur laquelle une droite intellectuellement élaborée et moralement courageuse aurait des choses à dire, c’est bien l’actuelle guerre du Proche-Orient.
François de Charette, chef vendéen (1763-1796)
Je respecte ces voix nombreuses à gauche, qui sauvent l’honneur de la France en défendant les Palestiniens. Je constate qu’il n’y a pas grand monde, dans le personnel politique, à droite, à faire de même.
On cite à juste titre Dominique de Villepin. J’ajoute Xavier Lemoine, le maire de Montfermeil
Un drapeau palestinien et, à côté, ces mots : « Seigneur ! Pardonnez-nous… ». Le maire DVD de Montfermeil (Seine-Saint-Denis), Xavier Lemoine, a fait installer cette banderole sur le fronton de sa mairie depuis le 25 novembre, « au moins » selon la préfecture. Qui a décidé de ne pas laisser passer. Le préfet de Seine-Saint-Denis a saisi le tribunal administratif de Montreuil pour la faire retirer, estimant que l’affichage contrevenait au principe de laïcité.
Un argumentaire retenu par la justice. Dans sa décision en référé, en date du 6 décembre, le juge administratif a estimé que la banderole « porte une atteinte grave aux principes de laïcité et de neutralité des services publics » et a donc suspendu la décision de l’édile.
Après tout, le droit et la vérité, l’honneur et la défense des gens désarmés attaqués par des brutes et des lâches, ne sont pas question de nombre.
La Palestine et les Palestiniens: la pierre de touche sur la quasi-disparition des droites en France
La gauche insiste, et elle a raison, sur le droit international et sur le colonialisme et l’apartheid dont sont victimes les Palestiniens depuis 1947-48. Le maire de Montfermeil, qui ne se cache pas d’être de droite, a réagi, lui, avec sa sensibilité d’homme de droite. Quand je lui avais parlé de sa banderole en décembre, il m’avait dit son désir de s’adresser à tous les jeunes de sa commune qui s’auto-censuraient, sous la pression des médias établis. Et aussi, de parler, comme chrétien à des musulmans, de croyant à croyant.
C’est courageux et intelligent!
J’aimerais entendre aussi des voix, à droite, qui célèbrent l’attachement à sa terre d’un peuple qu’Américains et Israéliens cherchent à déraciner.
J’aimerais que l’on se souvienne de ce qu’était la Terre Sainte avant que ses côtes, ses villes et ses villages soient défigurés par le béton et le mépris du patrimoine qui a largement caractérise la modernité israélienne tant vantée.
J’aimerais entendre des voix libres dire que le mur de l’apartheid des Palestiniens est non seulement indéfendable moralement mais qu’il a encore aggravé l’enlaidissement du pays.
J’aimerais lire des écrivains dans la grande tradition des moralistes français, qui célèbrent l’héroïsme des Palestiniens, leur esprit de résistance, leur sens de l’honneur, leur dignité.
J’aimerais voir des gens qui louent habituellement la famille comme cellule fondamentale de la société s’émouvoir devant ces pères et ces mères de famille de Gaza qui bravent tous les dangers pour protéger leurs enfants.
L’écrasement des Palestiniens et le mépris globaliste des nations.
J’aimerais connaître plus de patriotes qui comprennent que l’écrasement des Palestiniens est à l’image du mépris des nations, des peuples, des cultures, des traditions, qui caractérise l’Occident globaliste.
Peu importe qu’ils soient de droite ou de gauche, j’aimerais entendre des chrétiens, en France, crier leur révolte qu’Israël ait bombardé l’église de la Sainte Famille, construite au lieu où Jésus enfant fit une halte de plusieurs mois avec ses parents, au retour d’Égypte.
J’aimerais que mes frères chrétiens de France se souviennent de l’Evangile et voient le Christ souffrant dans chacun de nos frères, dans chacune de nos sœurs de Palestine. J’aimerais entendre des personnalités politiques françaises qui se souviennent de la mission qu’eut longtemps la France de protection des Lieux Saints.
Alors que le gouvernement israélien empêche les chrétiens palestiniens d’accéder au Saint-Sépulcre; et au moment où des fanatiques appuyés par le gouvernement Netanyahou voudraient détruire les lieux sacrés de l’islam pour construire un »troisième temple » sur l’Esplanade des Mosquées, il faudrait des voix françaises qui se dressent, au nom de la liberté religieuse.
Les Palestiniens, ces Vendéens de Terre Sainte
J’aimerais que les chantres de la Vendée de 1793, broyée par les colonnes infernales, parlent avec la même ferveur de leurs ancêtres se soulevant pour defendre leur terre et leur foi, et des Palestiniens, musulmans ou chrétiens, écrasés par les soldats de Netanyahou.
La célèbre harangue du chef vendéen François de Charette pourrait être mise dans la bouche d’un Palestinien, chrétien ou musulman:
Notre Patrie à nous, c’est nos villages, nos autels, nos tombeaux, tout ce que nos pères ont aimé avant nous. Notre Patrie, c’est notre Foi, notre terre… Mais leur Patrie à eux, qu’est-ce que c’est ? Vous le comprenez, vous ? … Alors, qu’est-ce que cette Patrie narguante du passé, sans fidélité, sans amour ? Cette Patrie de billebaude et d’irréligion ? Pour eux, la Patrie semble n’être qu’une idée ; pour nous, elle est une terre. (…) Sommes une jeunesse… ! Sommes la jeunesse de Dieu.… Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la [croyance] humaine, la liberté de l’homme intérieur..
J’aimerais que les pourfendeurs du totalitarisme n’oublient pas de dénoncer ceux qui planifient nettoyage ethnique et génocide depuis Tel-Aviv. A vrai dire, que l’on soit de gauche ou de droite, la tragédie palestinienne sert de révélatrice.
Sommes-nous, ou non, fidèles aux convictions qui constituent nos familles politiques respectives? Nos principes, nos discours politiques sont-ils autre chose que des mots creux?
Que nous soyons de gauche ou de droite, si vraiment nous aimons la France, pouvons-nous supporter qu’un gouvernement sans légitimité continue à soutenir les horreurs perpétrées à Gaza, en Cisjordanie? Ainsi qu’au Liban et en Syrie?